• BERLIET

    BERLIET

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    Berliet 1908 11cv dauphine 11cv Dauphine TLM 15b

     

    HISTOIRE DE LA MARQUE

     
     Marius Berliet (né le 21 janvier 1866 à Lyon et mort le 17 avril 1949 à Cannes)
      Fondateur de la marque Berliet, constructeur automobile célèbre pour ses camions, dont la fin de vie est marquée par une condamnation pour collaboration économique sous l'Occupation.

     


    Certificat d’études en poche en 1881, à 15 ans, Marius Berliet, apprenti tisseur, rejoint ensuite l’atelier paternel.
    Il a 24 ans lorsqu’il adjoint à l’activité de son père celle de cuirs artificiels et gaufrage de tissus et invente une machine
    à enrouler les rubans.

    En 1894, en se basant sur un article lu dans "La Nature" Marius Berliet construit son premier moteur monocylindre, et en 1895 sa première voiture, une biplace en tandem.
    Tout cela sans cesser de développer l'entreprise paternelle, dont il a maintenant la direction et emploie 31 personnes.
    En 1899, il achète à Lyon, un local de 90 m², il y fafrique 6 petites voitures et emploie 4 ouvriers.

    Il s'installe dans un local plus vaste de 450 m² rue Michelet en 1900. La production passe à 12 voitures et le personnel à
    30 personnes. En 1902, il acquiert les usines Audibert et Lavirotte (5000 m²), embryon de l’usine Berliet de Monplaisir.
    Il dispose d'un bureau d'études, le personnel s'élève à 200 puis 250, la production passe à 10 puis à 15. Mais il faut
    les vendre et Maruis Berliet n'a rien d'un commerçant. Il engage donc Emile Lavirotte qui crée rapidement un
    service commercial efficace.

    En 1905, la vente de la licence de 3 voitures 22, 40 et 60 ch à Alco (American Locomotive Company) lui donne les moyens de prendre son essor industriel. La locomotive chasse-buffle fabriquée par l’Alco devient l’emblème de la marque Berliet.
    1906, Marius Berliet sort son premier camion, un 2 tonnes avec roues en bois et jantes en fer, ce sera le début d'une production considérable de camions et d'utilitaires, la plus importante d'Europe.
    L’Ecole d’Apprentis est créée en 1909. L’exportation représente 50 % des ventes en 1912. Cette année là, un équipage allemand sur une voiture de série Berliet gagne le rallye de Monaco. En 1913, 3 500 voitures sortent de l’usine de Monplaisir qui occupe 48 000 m2.

    Le premier conflit mondial éclate en août 1914. L'armée sollicite Berliet pour la construction de camions, d'ambulances et la fabrication d'obus. Des bâtiments sont érigés à partir de 1915 sur les terrains à Vénissieux.

    En 1916, 40 camions sortent quotidiennement des usines. Berliet fabrique aussi des obus et 1 000 chars d'assaut sous licence Renault. L'effectif de l'usine atteint les 3 150 personnes.

    En 1917, la Société anonyme des Automobiles Marius Berliet est constituée. Des automobiles de 12cv,
    15cv et de 22cv sont produites. Le modèle VB est la copie conforme de la Dodge et doit sortir au rythme de 100 véhicules/jour. En conséquence, Berliet connaît des difficultés financières et est placé temporairement sous administration judiciaire en 1921.
    En 1923, apparaît le camion LH. Au Salon de Paris, une nouvelle voiture 7cv est présentée. En 1924, les utilitaires VFA et VHA s'ajoutent. En 1926, de nouveaux moteurs six-cylindres sont montés sur les automobiles tandis que les camions à transmission classique de la série GD débutent. Comme les autres constructeurs à l'époque, Berliet se lance dans les premières missions sahariennes automobiles.
    En 1930, le moteur diesel est expérimenté sur le CBA puis monté en série sur le GD2 en 1931.
    À partir de 1933, seules des voitures à 4 cylindres sont produites.
    Fin 1936, l'autocar PCK est lancé.

    La dernière voiture particulière de la marque est le modèle Dauphine motorisée par un deux litres et empruntant des éléments
    de carrosserie à la Peugeot 402 B. La Dauphine est fabriquée à moins de 200 exemplaires à partir de janvier 1939 jusqu'à la
    veille de la guerre.

    La gamme des camions se compose des camions VDC, GDR, GDM et GPM.
    Pendant la Seconde Guerre mondiale, Berliet porte son effort sur la fabrication de camions "gazobois" adaptés aux restrictions de matières premières imposées par l'occupation allemandeet utilisant le bois comme carburant. En juin 1946, Marius Berliet est condamné à deux ans de prison et à la confiscation de ses biens par la Cour de justice de Lyon pour commerce avec l'ennemi et actes anti-nationaux. On lui reproche de s'être empressé de fabriquer des camions pour l'armée allemande pour maintenir la puissance de l'entreprise, d'avoir ignoré la Résistance (refus des sabotages internes) et par conséquent d'avoir servi l'Allemagne. Il est aussi accusé d'avoir livré indirectement l'un de ses ouvriers à la Gestapo par l'intermédiaire d'un responsable milicien de la sécurité
    de l'usine, ce qui sera confirmé au cours du procès.
    Pour Jean et Paul Berliet, la condamnation est dure, soit cinq ans de travaux forcés. De plus, leurs biens sont confisqués.
    Marius Berliet et ses deux fils sont interdits de séjour dans les départements du Rhône,
    de Seine-et-Oise et de Seine-et-Marne.

    Assigné à résidence, Marius Berliet meurt à Cannes, le 17 avril 1949.
    Suite à la décision du conseil d'État qui a jugé illégale la nomination par le ministre communiste Marcel Paul d'un administrateur, les usines sont rendues à la famille le 7 novembre 1949 et c'est son fils Paul qui dirige l'entreprise.

    Grâce au succès de ses légendaires modèles "long nez" de la série GLR présents sur tous les chantiers et routes de France ou partant à la conquête des pistes d'Afrique française, Berliet devient le constructeur numéro un français du secteur.
    En 1957, Berliet introduit les modèles de camions T100 spécialisés dans les "chantiers sahariens".
    A l'époque, ils sont les plus grands camions du monde.
    En juin 1967, Citroën rachète Berliet. Les camions Citroën sont désormais produits chez Berliet.
    L'entreprise Automobile Peugeot ayant racheté Citroën, La Régie Renault et l'Etat demande en compensation à reprendre Berliet pour le fusionner avec Saviem et former ainsi le principal constructeur français de poids-lourds.
    Fin 1974, Renault rachète Berliet qui compte alors un effectif de 24 000 employés.
    En avril 1980, les noms de Berliet et Saviem disparaissent définitivement des calandres. Ces deux marques ne forment désormais plus qu'une seule entité : Renault Véhicules Industriels (R.V.I.). Renault choisira les mécaniques Berliet pour les hauts de gamme.
    La cabine KB 2400 continuera sur la série R de Renault jusqu'au lancement du Prémium en 1996.


    La fondation Berliet
    http://www.fondationberliet.org
     
    Les articles de Thierry
    Comme sur la photo
    Gullivert et lilliput